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Un portail au bout d’une allée de trente mètres, une bastide en pierre, et un moniteur d’interphone vissé dans le couloir depuis 1998. Quand le livreur sonne et que vous êtes au fond du jardin, personne ne répond. C’est à peu près à ce moment-là que la question du visiophone connecté arrive dans la conversation, et c’est une bonne question, à condition de la poser dans le bon ordre. Parce que le choix ne se joue pas sur l’écran ni sur l’appli : il se joue sur le câble qui part du portail.

Schéma comparatif entre un interphone classique 2 fils et un visiophone connecté en IP PoE

Interphone 2 fils ou visiophone connecté : le choix se joue surtout sur le câble disponible jusqu’au portail.

L’interphone classique : simple, fiable, et limité à la maison

Une platine de rue, un moniteur à l’intérieur, deux fils entre les deux. C’est tout. Chez la plupart des fabricants, ce câblage « 2 fils » transporte l’image, le son et l’alimentation, ce qui permet de réutiliser les fils déjà en place, ceux d’une vieille sonnette ou d’un interphone audio qu’on remplace.

En rénovation, c’est un argument massue : pas de tranchée, pas de saignée, souvent une demi-journée d’intervention.

La contrepartie est nette. Tout se passe chez vous, devant le moniteur. Vous n’êtes pas là ? La sonnerie tombe dans le vide. Pas d’historique, pas de notification, pas d’ouverture à distance. Pour une maison où quelqu’un est presque toujours présent, ça suffit largement, et on ne va pas vous vendre autre chose pour le plaisir.

Ce qu’un visiophone connecté fait de plus

Un visiophone connecté, c’est le même principe avec un réseau derrière. La platine est un équipement IP : elle se branche en RJ45 et envoie l’image sur le moniteur et sur les smartphones de la famille. Trois choses changent vraiment au quotidien.

  • Vous répondez de partout. Au bureau à Aix, en courses à Plan-de-Campagne : vous voyez qui sonne, vous parlez, vous ouvrez. Le livreur dépose le colis derrière le portail au lieu de repartir avec.
  • Vous savez ce qui s’est passé. Un appel manqué laisse une trace avec l’image. Utile pour une résidence secondaire sur la Côte Bleue qu’on ne voit qu’un week-end sur trois.
  • Les modes d’accès se multiplient. Badge, code, appli. Fini les six jeux de clés qui traînent chez les uns et les autres.

Le mot « connecté » cache quand même des réalités très différentes. Un produit grand public en Wi-Fi qui dépend d’un cloud propriétaire n’a pas grand-chose à voir avec une platine IP filaire type Akuvox posée sur votre propre réseau. Le premier s’arrête le jour où le fabricant coupe son service. Le second, non.

Le vrai sujet, c’est le câble

C’est là que la plupart des projets se décident, et c’est aussi là qu’on voit passer les mauvaises surprises.

Une platine IP se raccorde en RJ45, et la bonne pratique est de l’alimenter en PoE (Power over Ethernet, norme IEEE 802.3af sur les modèles Akuvox que nous posons le plus souvent) : un seul câble apporte les données et le courant jusqu’au portail. Pas de transformateur à caser dans un coffret étanche au pied du pilier, pas de deuxième ligne à tirer. C’est propre, et c’est ce qui rend l’ensemble durable.

Mais il faut ce câble. Sur une construction neuve ou une rénovation où les gaines sont ouvertes, c’est une évidence : on tire du réseau vers le portail pendant qu’on y est, quitte à ne s’en servir que plus tard. Sur une maison finie, avec une allée goudronnée et aucun fourreau disponible, l’addition change de nature — on parle de terrassement, plus d’électricité. Dans ce cas, un 2 fils bien choisi reste souvent la décision raisonnable.

Conseil de chantier, et c’est le plus rentable de cet article : si vous faites poser un portail, faites passer une gaine et un câble réseau maintenant. Le surcoût est marginal pendant les travaux. Après, c’est un autre budget. On en reparle dans notre approche du câblage réseau, qui sert bien au-delà de l’interphone.

Pour un local professionnel, la question ne se pose presque plus

Cabinet, entrepôt, résidence, salle de sport : dès qu’il y a plusieurs personnes à faire entrer et plusieurs personnes à décider qui entre, l’IP gagne. Les platines Akuvox parlent SIP et ONVIF, ce qui veut dire concrètement qu’elles s’intègrent à une téléphonie existante et à un système vidéo déjà en place, au lieu de vivre dans leur coin. On peut router les appels vers un poste précis, gérer des badges nominatifs, retirer un accès en trois clics le jour où un salarié part.

C’est le cœur de ce qu’on installe en contrôle d’accès et interphonie, et c’est généralement là que le retour sur investissement se voit le plus vite — ne serait-ce qu’en changements de cylindre évités.

Ce que vous n’avez pas le droit de filmer

Point souvent balayé d’un revers de main, alors qu’il expose vraiment. Une platine de visiophone embarque une caméra, souvent grand angle. Or un particulier ne peut filmer que sa propre propriété : la maison, le jardin, l’allée privée. Pas la rue, pas le trottoir, pas l’entrée du voisin d’en face — même « juste un coin de l’image », même pour surveiller la voiture garée devant chez soi. La CNIL est explicite là-dessus.

Filmer quelqu’un sans son consentement dans un lieu privé relève de l’atteinte à la vie privée, punie par l’article 226-1 du code pénal d’un an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende. On n’en arrive quasiment jamais là entre voisins, mais un conflit de voisinage qui part en plainte, ça existe, et c’est vite pénible.

En pratique, ça se règle à la pose : on oriente la platine vers votre entrée, on ajuste l’angle, et sur les modèles qui le permettent on applique un masquage sur la zone publique. Cinq minutes de réglage qui vous évitent un recommandé.

Une nuance existe pour les sonnettes vidéo qui ne prennent qu’une photo au moment de l’appel, sans enregistrement continu : elles ont fait l’objet d’une position plus souple des autorités. Le cadre reste mouvant, donc si votre platine voit forcément la rue, faites valider votre configuration plutôt que de vous fier à un forum.

Alors, lequel choisir ?

Trois cas suffisent à trancher dans neuf situations sur dix.

  • Vous remplacez un interphone qui a lâché, dans une maison occupée, sans envie de travaux → un 2 fils avec écran couleur. Ça marchera quinze ans et vous n’aurez pas payé pour des fonctions que vous n’ouvrirez jamais.
  • Vous construisez, vous rénovez lourdement, ou vous avez déjà du réseau qui court dans la maison → visiophone connecté en PoE, sans hésiter. Le surcoût matériel est faible une fois le câble en place, et ça ouvre la porte à la domotique et à la vidéo derrière.
  • Vous êtes un pro, ou une copropriété → IP, pour la gestion des accès. Le reste est un faux débat.

Le mauvais achat classique, c’est le visiophone Wi-Fi grand public posé sur un portail à trente mètres de la box, dans une maison en pierre. Le Wi-Fi ne passe pas, l’image se fige, le propriétaire conclut que « ces trucs-là ne marchent pas ». Le produit n’était pas en cause : le support l’était.

Questions fréquentes

Peut-on garder l’ancien câble pour passer en IP ?

Rarement tel quel, l’IP demandant du RJ45. En revanche, l’ancien câble sert souvent de tire-fil pour passer le nouveau si la gaine est correcte. C’est la première chose qu’on vérifie en visite : gaine, diamètre, absence de coude piégé.

Faut-il un abonnement pour un visiophone connecté ?

Pas nécessairement. Certains fabricants poussent un cloud payant pour la notification et l’historique. Sur une installation posée sur votre propre réseau, avec un enregistrement local, on s’en passe très bien. Demandez toujours ce qui cesse de fonctionner le jour où vous arrêtez de payer.

Et si internet tombe ?

La partie locale continue : la platine sonne, le moniteur affiche, la gâche s’ouvre. Vous perdez seulement le renvoi vers le smartphone. C’est un bon argument pour garder un moniteur intérieur même quand tout le monde a l’appli.

Ça se raccorde sur un portail motorisé existant ?

Dans la grande majorité des cas oui, via un contact sec vers l’automatisme. Il faut vérifier le type de gâche ou de commande côté motorisation, et parfois ajouter un relais. Rien d’exotique, mais ça se contrôle avant de commander le matériel.

Combien ça coûte ?

Trop de paramètres pour donner un chiffre honnête ici : distance au portail, présence de fourreau, nombre de moniteurs, type de platine. À titre indicatif, l’écart entre un remplacement 2 fils et une installation IP complète vient surtout du câblage, pas du matériel. On chiffre sur devis, après visite.

Un doute sur votre installation ?

Le plus simple reste qu’on vienne voir le portail et le chemin de câble. Dix minutes sur place suffisent à savoir si votre maison est plutôt un cas 2 fils ou un cas IP — et à éviter d’acheter le mauvais matériel. On intervient sur Éguilles, Aix-en-Provence, Marseille et toute la Côte Bleue.

Appelez-nous au 04 844 92 844, écrivez à hello@no-nc-elec.com, ou passez par le formulaire de contact.