Un tableau à l’ancienne, et la question qui revient à chaque chantier
C’est presque toujours la même scène. On ouvre le tableau électrique d’une bastide aixoise ou d’un mas du côté d’Éguilles, et on tombe sur des fusibles en porcelaine, deux ou trois fils qui partent on ne sait où, et souvent aucune terre. Le propriétaire lance alors la question qu’on nous pose sur presque tous les chantiers de rénovation : « Il faut tout refaire aux normes actuelles, ou je peux me contenter de sécuriser ce qui cloche ? »
La réponse tient en une phrase, mais elle mérite d’être expliquée correctement, parce qu’elle change complètement le budget et les travaux : la mise aux normes électrique imposée par la norme NF C 15-100 s’applique à ce qui est neuf ou modifié, pas à l’ensemble de votre installation existante. Encore faut-il savoir où passe la limite entre « ce qu’on touche » et « ce qu’on peut laisser tel quel », et surtout ce qui reste obligatoire quoi qu’il arrive, pour des raisons de sécurité pure.

Rénovation totale ou partielle : la mise aux normes électrique ne joue pas pareil
Première chose à distinguer, et c’est celle qui détermine tout le reste du chantier.
Vous refaites tout : la norme s’applique intégralement
Dès que vous reprenez l’ensemble de l’installation — nouveau tableau, nouveau câblage, nouveaux circuits — vous êtes dans une logique identique à celle d’une construction neuve. Concrètement, ça veut dire une GTL neuve pour regrouper tableau et arrivées, un tableau avec une réserve d’environ 20 % pour les évolutions futures, des disjoncteurs calibrés selon la section de chaque câble, au moins deux dispositifs différentiels de 30 mA (dont un de type A pour certains circuits, plaque à induction ou lave-linge par exemple), une mise à la terre généralisée, une liaison équipotentielle dans la salle de bain, et le nombre de prises minimum imposé par pièce. Une fois les travaux terminés, une attestation de conformité Consuel est nécessaire avant la remise sous tension par le distributeur.
Vous rénovez une pièce ou un circuit : seul ce qui bouge doit être conforme
Là, c’est différent. Si vous refaites l’électricité d’une seule chambre, ou que vous ajoutez un circuit pour une nouvelle cuisine, la norme s’applique à ce circuit-là — pas à l’ensemble du logement. Le reste de l’installation, s’il n’est pas dangereux, peut rester en l’état. On n’oblige personne à jeter un tableau des années 80 qui fonctionne correctement simplement parce qu’on refait la salle de bain à côté.
Ceci dit — et c’est le point que beaucoup de propriétaires ratent — « pas obligatoire » ne veut pas dire « sans limite ». Une sécurité minimale reste due sur toute l’installation, touchée ou non.
Ce qui ne se négocie jamais, même sans tout refaire
Peu importe l’ampleur du chantier, certains points relèvent de la sécurité des personnes, pas du confort. On les retrouve d’ailleurs dans la logique du diagnostic électrique obligatoire à la vente pour les installations de plus de 15 ans :
- Un appareil général de commande et de protection accessible, pour couper l’électricité en cas d’urgence.
- Au moins un dispositif différentiel 30 mA en tête d’installation.
- Une protection contre les surintensités adaptée à la section réelle de chaque câble — c’est souvent là que ça coince sur les vieilles installations, avec des fusibles surdimensionnés par rapport au fil.
- Une liaison équipotentielle et des règles de volumes de sécurité respectées dans la salle de bain.
- Aucun matériel vétuste, fil dénudé, ou boîtier de dérivation apparent sans protection mécanique.
Si un de ces points fait défaut sur une partie de l’installation que vous ne touchez pas dans vos travaux, on vous le signale quand même. Un électricien sérieux ne referme pas un tableau en sachant qu’il y a un risque, même si ce n’est techniquement pas sa mission ce jour-là. C’est aussi pour ça qu’on prend le temps d’ouvrir le tableau complet avant de chiffrer, même pour une intervention limitée à une pièce.
Le Consuel, obligatoire ou pas pour une rénovation partielle ?
C’est la question qui suit presque toujours. En résumé : l’attestation Consuel est systématique pour une installation neuve, une extension importante, ou dès que le distributeur d’énergie doit intervenir sur le raccordement (changement de puissance, remise en service après coupure prolongée). Pour un ajout ou une reprise ponctuelle qui ne touche pas à l’origine de l’installation, elle n’est en général pas exigée — mais chaque dossier a ses particularités, donc en cas de doute, on vérifie avec le Consuel ou Enedis avant de s’engager sur quoi que ce soit.
Et si vous en profitez pour ajouter une borne de recharge ou un parafoudre ?
Une rénovation électrique, c’est souvent le bon moment pour intégrer ce qu’on ne pense pas assez tôt. Si une borne de recharge pour véhicule électrique est prévue, elle impose son propre circuit dédié et des protections spécifiques — autant l’anticiper pendant les travaux plutôt que de rouvrir les murs six mois plus tard. Même logique pour la protection contre la foudre : selon votre situation, un parafoudre peut être obligatoire dans les Bouches-du-Rhône, et c’est nettement plus simple à poser pendant une refonte du tableau qu’après coup.
Vous vendez ? Le diagnostic électrique entre en jeu
Autre situation fréquente en PACA sur les biens anciens : la vente d’un logement dont l’installation a plus de 15 ans. Un diagnostic électrique est alors obligatoire, distinct de la mise aux normes elle-même — il informe l’acheteur sur l’état de l’installation, sans obliger le vendeur à faire des travaux avant la signature. Pour une vision plus complète des règles de sécurité électrique dans l’habitat, l’association Promotelec, référence indépendante en France sur le sujet, publie des guides accessibles à tous.
Franchement, on voit régulièrement des propriétaires découvrir ce diagnostic la veille du compromis de vente, en catastrophe. Si vous savez que vous vendrez dans les prochaines années et que votre tableau date d’avant les années 90, autant s’en occuper maintenant, tranquillement, plutôt que sous la pression d’un notaire.
Notre façon de faire chez No-Nc ELEC
Sur chaque rénovation, même limitée à une pièce, on ouvre le tableau et on regarde l’ensemble de l’installation avant de chiffrer. Pas pour vous vendre plus de travaux que nécessaire — au contraire, on vous dit clairement ce qui est obligatoire, ce qui est fortement recommandé, et ce qui peut attendre. Sur les chantiers d’électricité et de domotique qu’on mène à Éguilles, Aix-en-Provence, Marseille ou sur la Côte Bleue, cette transparence évite les mauvaises surprises à la réception des travaux — et au Consuel, le cas échéant.
Questions fréquentes
Dois-je refaire toute mon installation électrique si je rénove une seule pièce ?
Non. La norme NF C 15-100 s’applique au circuit ou à la pièce concernée par les travaux. Le reste de l’installation peut rester en l’état s’il ne présente pas de danger avéré.
Le Consuel est-il obligatoire pour une rénovation partielle ?
Pas systématiquement. Il devient nécessaire dès qu’il y a une intervention sur le raccordement au réseau ou une extension importante de puissance. Pour un ajout ponctuel sans toucher à l’origine de l’installation, ce n’est généralement pas exigé — à confirmer selon votre cas précis.
Puis-je garder mon ancien tableau à fusibles si je ne le touche pas ?
Oui, tant qu’il ne présente pas de danger immédiat (fils dénudés, absence de différentiel, protections inadaptées à la section des câbles). On vous le signale toujours si on repère un point de sécurité à traiter, même hors du périmètre des travaux prévus.
Quand un diagnostic électrique est-il obligatoire ?
Pour la vente d’un logement dont l’installation électrique a plus de 15 ans. Il informe l’acheteur sur l’état du réseau, mais n’oblige pas le vendeur à réaliser des travaux avant la vente.
Qui peut réaliser une mise aux normes électrique ?
Un électricien qualifié, capable d’établir un diagnostic clair de l’existant et de dimensionner correctement les protections. Pour les travaux nécessitant une attestation Consuel, c’est également lui qui prépare le dossier.
Un doute sur votre installation, ou un chantier de rénovation à chiffrer ? Appelez-nous au 04 844 92 844, ou passez par notre page de contact — on vient voir sur place avant de s’engager sur quoi que ce soit.

